Définition de plante mellifère

Définition, origine et utilité

Définition

Une plante mellifère produit le nectar récolté par les abeilles domestiques (apis mellifera) qui le transforment en miel.

Etymologie

Le mot mellifère vient du latin. Il est composé :
  • De la racine latine mellis ("miel")
  • Du suffixe latin -fère, ("porter, contenir")

Littéralement, une plante mellifère porte du miel, comme un champ pétrolifère contient du pétrole.

Les orthographes mielifère ou mélifère sont mauvaises, mais souvent rencontrées.

Définition étendue

Par extension, une plante mellifère est une plante favorable au développement d’une colonie d’abeilles. Une plante mellifère fournit donc au moins une des ressources dont les abeilles ont besoin pour vivre, se développer et produire de nouvelles colonies.

Les abeilles ont besoin du nectar des fleurs qui est constitué de sucre dilué dans de l’eau. Ce sucre sert d’énergie aux abeilles pour leur déplacement, le réchauffement de la ruche et la nourriture des larves.

Le nectar

Le nectar est aussi utilisé pour fabriquer la cire que les abeilles assemblent en alvéoles hexagonales dans des rayons.

Le sucre qui n’est pas consommé immédiatement par la colonie est transformé en miel et stocké dans les alvéoles de cire.

Le pollen

Les abeilles ont aussi besoin du pollen des fleurs. Le pollen est riche en protéines et en lipides. Il est indispensable pour nourrir les larves et assurer leur croissance.

Le miellat

Les abeilles peuvent aussi récolter le miellat qui est le liquide sucré et collant rejeté par les pucerons quand ils envahissent les feuilles de certaines espèces comme le sapin ou le chêne.

La propolis

Les abeilles fabriquent aussi de la propolis à partir des résines qu’elles trouvent sur les troncs, les bourgeons et les branches.

Le nectar et le pollen

Les deux ressources principales sont vraiment le nectar et le pollen dont elles ont besoin tout au long de l’année apicole. L’année démarre dès le mois de février et se termine parfois en décembre. Le changement climatique a allongé la saison, en la faisant commencer plus tôt et finir plus tard, avec parfois des retours du froid et de l’humidité qui bloquent d’un seul coup l’activité des colonies.

Mais le plus problématique est le trou de ressources pendant l’été (et parfois dès le printemps) avec les périodes de sécheresse et de canicule pendant lesquelles les plantes s’économisent et passent en mode survie, en arrêtant la production de fleurs, de nectar et de pollen. Pendant ces périodes de sècheresse, il est courant de voir les abeilles boire le jus des fruits comme les cerises ou les mûres.

Mais en plus d’avoir besoin de nectar et de pollen toute l’année, les abeilles ont besoin de diversité. Le nectar contient plusieurs types de sucres comme le fructose, le glucose ou le saccharose. Chaque fleur produit un nectar avec différentes concentrations de chaque type de sucre.

C’est encore plus vrai pour le pollen qui doit apporter une dizaine de protéines différentes pour que les larves grossissent bien et forment des abeilles en bonne santé. Chaque fleur produit un pollen différent de plus ou moins bonne qualité protéique.

Les abeilles arrivent à déterminer les besoins précis de la colonie et visitent les fleurs adaptées aux besoins du moment. C’est pour cela qu’il est indispensable de donner aux abeilles une grande diversité de plantes mellifères. Des études ont prouvé que la diversité alimentaire aidait énormément les abeilles à mieux résister aux parasites et aux maladies.

Les abeilles butineuses sont capables de rechercher des ressources dans un rayon allant jusque 3 km autour de la ruche, le plus souvent 1km. Cette distance de butinage représente plus de 300 ha, c’est-à-dire plus de 3 millions de m2. Naturellement plus les ressources sont proches, plus les abeilles peuvent les rapporter rapidement à la ruche et augmenter le nombre de trajets. Comme les abeilles butineuses ont une durée de vie liée aux kilométrages parcourus en vol, des ressources proches augmentent aussi la durée de vie des abeilles et leur possibilité de récolter des ressources.

Les abeilles ont donc besoin de ressources en nectar et pollen en quantité, continuité, diversité et idéalement proximité.

La pollinisation

Il faut aussi se souvenir du principe de la pollinisation pour comprendre les plantes mellifères. Une plante offre du nectar aux insectes pollinisateurs en échange du service de dispersion du pollen sur d’autres fleurs qui assure la fécondation des fleurs visitées. De la même manière, la plante offre ses fruits aux animaux qui vont se charger de disperser les graines contenues dans les fruits. C’est un service mutuel entre plantes et insectes. La réduction du nombre d’insectes est un enjeu pour la reproduction des plantes sauvages et notre alimentation.

La biodiversité

N’oubliez pas qu’une plante mellifère est aussi bénéfique à tous les insectes sauvages, abeilles solitaires, araignées, mouches, guêpes, bourdons, papillons, qui se nourrissent aussi de nectar et de pollen. Les fruits qui se développent grâce à la pollinisation servent aussi de nourriture aux animaux et aux oiseaux. Les insectes présents sont aussi consommés par les oiseaux et les chauve-souris. Une plante mellifère est donc bénéfique à toute la biodiversité.

Traductions

L'origine latine se retrouve dans les traductions en Europe.

Synonyme

Un insecte mellifique produit du miel.